Chantier principal : Afrique de l'Ouest
Le chantier principal englobe plusieurs systèmes
aquatiques d’Afrique de l’Ouest. Les différents sites éligibles,
lagunaires ou lacustres, sont situés en Côte d’Ivoire, au Mali, au Sénégal
et en Mauritanie. Les lagunes et les complexes estuariens sont sous
l’influence d’un hydrodynamisme particulier lié aux marées. Ces
zones d’interface présentent des gradients de salinité, de
confinement et de profondeur ; l’influence continentale y est souvent
prépondérante, mais l’évolution saisonnière ou interannuelle de la
salinité sélectionne les espèces. Les mares et les réservoirs de
petite taille sont des zones confinées, renouvelées uniquement à
l’occasion de la crue annuelle. Dans ces milieux, les échanges entre
l’eau et le sédiment constituent des facteurs d’enrichissement
particulièrement efficaces. Les grands lacs plats présentent une plus
forte diversité des habitats. Parmi eux, les plus profonds (5 à 15 m)
sont caractérisés par un hypolimnion et par une déstratification
annuelle, facteur d’enrichissement notable. Les lacs de profondeur inférieure
à 5 m présentent une sensibilité supérieure aux facteurs atmosphériques.
à Les sites
lagunaires ou estuariens seront choisis parmi :
les baies confinées de la partie occidentale de
la lagune
Ebrié en Côte d’Ivoire, comme par exemple la baie de
Kosrou. De fortes biomasses phytoplanctoniques dominées par des
Cyanobactéries y sont régulièrement observées en saison sèche
et des mortalités de poissons liées à des efflorescences algales
(fleurs d’eau à Microcystis) y ont été relevées. Cette
lagune a été étudiée par la plupart des participants au projet,
tant du point de vue de la dynamique que du fonctionnement du système
planctonique et de la boucle microbienne, mais sans étude des
efflorescences algales.
l'estuaire
du fleuve Sénégal situé en aval du barrage de Diama. Cet
ouvrage empêche la remontée du coin salé vers l’amont et sa
mise en service a transformé le fonctionnement du complexe
estuarien. En saison sèche, les usages (irrigation, alimentation
des lacs de Rkiz en Mauritanie et de Guiers au Sénégal) limitent
considérablement les lâchers d’eau douce, et le site fonctionne
alors comme un estuaire inverse. Toutefois, des lâchers épisodiques,
liées aux contraintes de gestion des plans d’eau en amont, sont
susceptibles de modifier le fonctionnement de l’estuaire. Lors de
la crue annuelle du fleuve, le site fonctionne de nouveau comme un
estuaire " normal ", avec des zones confinées où on
observe des efflorescences algales.
la zone
humide du Diawling en Mauritanie, dans le bas delta du
fleuve Sénégal. Elle est totalement sous la dépendance des entrées
d’eau contrôlées provenant du réservoir de Diama. En outre, le
maintien du plan d’eau à sa côte actuelle entraîne la remontée
des nappes salées sub-superficielles, qui affleurent parfois la
surface. Les milieux sursalés présentent périodiquement des
efflorescences algales. La protection du site (qui a son équivalent
sénégalais sur la rive gauche du fleuve, le Parc National du
Djoudj) est confiée au Parc National du Diawling.
àLes sites lacustres
de petite taille seront choisis parmi :
des
"mares" de la plaine d’inondation du Niger dans la
région de Mopti au Mali. De superficie variable (2 à 20 km²), ces
dépressions sont remplies lors de la crue annuelle. La montée de
l’eau y est rapide, et on passe en une dizaine de jours d’une
situation de mare résiduelle à un plan d’eau qui déborde. Le
niveau baisse avec la décrue, et se stabilise lorsqu’un seuil est
atteint. La mare est individualisée, puis son niveau diminue
progressivement par évaporation. Dans de nombreux sites, on observe
de forts développements d’hélophytes (bourgou) qui couvrent les
zones de moins de 3 m de profondeur. Ces milieux ont des usages
multiples (irrigation, pêche, pression pastorale en fin de saison sèche),
mais sont moins anthropisés que les Petits Barrages sahéliens. De
grandes différences existent entre les communautés algales qui
occupent les zones d’eau libre (dominées par des Diatomées) et
la zone à hélophytes (dominées par des Chlorophycées, des
Cyanobactéries et des Euglénophycées). En fin de cycle, des
efflorescences sont observées. Les sites retenus seront choisis
parmi ceux actuellement suivis par des membres de l’équipe ou par
des partenaires maliens et facilement accessibles en toute saison
depuis Mopti.
àLes sites lacustres
de grande taille seront choisis parmi :
des lacs
plats naturels comme Guiers au Sénégal ou artificiels
comme Diama au Sénégal et en Mauritanie, de surface comprise entre
100 et 300 km², mais peu profond (2 à 4 m). Leur remplissage et
les fluctuations de niveau sont totalement contrôlés (barrage
anti-sel à Diama, vannes d’entrée et de sortie sur la Tahoué
pour Guiers). La turbidité y est relativement élevée, et les
peuplements phytoplanctoniques présentent des dominances alternées
de Chlorophycées et de Cyanobactéries. Leur surface est
suffisamment importante pour que des zones de statut trophique différent
puissent s’individualiser. Le développement de macrophytes le
long des berges ou en pleine eau pose le problème de la compétition
pour la ressource nutritive mais aussi celui de l’allélopathie éventuelle.
Ces milieux ont des usages multiples (irrigation, pastoralisme, pêche)
et le lac de Guiers revêt une importance particulière,
puisqu’une part croissante de l’alimentation en eau potable de
Dakar en dépend. Les baies de Ngnith et de Keur Momar Sarr, aux
caractéristiques différentes, pourraient être étudiée. Les
connaissances sont parcellaires (cas de Diama) ou correspondent à
des conditions révolues (cas de Guiers).
le lac
de barrage à vocation hydroélectrique de Sélingué au
Mali. Bien que faible profondeur moyenne (5 m), il inclue une zone
profonde. Son remplissage annuel fluctue avec les conditions
climatiques et son niveau diminue progressivement en fonction de la
production de courant électrique. La présence d’un hypolimnion
permet le piégeage transitoire ou définitif des nutriments. Des
efflorescences gênant les activités halieutiques sont observées
en fin de saison sèche.
L’UR pourrait s’intéresser au lac de Manantali,
bien qu’il n’entre pas dans la catégorie des lacs peu profonds.
Situé au Mali sur le principal affluent du fleuve Sénégal, ce lac réputé
oligotrophe fait partie du complexe géré par l’OMVS et sa gestion
hydraulique conditionne en grande partie les arrivées d’eau dans le réservoir
de Diama.
retour vers les écosystèmes
étudiés
|