Un milliard de personnes tributaires du poisson dans le monde
Des années de " pêche miraculeuse " à l'effondrement des stocks
Le retour à un état initial peu probable | Les impacts de la pêche sur l'ensemble de l'écosystème marin | Une diminution inquiétante de
la taille des poissons | Dynamique des systèmes d'exploitation | Vers une pêche responsable et durable | Le Centre de Recherche Halieutique méditerranéenne et tropicale
Les impacts de la pêche sur l'ensemble de l'écosystème marin
La pêche a donc un impact fort sur les espèces
qu’elle cible. Mais il ne faut surtout pas occulter les effets
directs et indirects sur les autres composantes de l’écosystème.
Car c’est bien l’ensemble de l’écosystème
marin qui est potentiellement touché par la pêche.
Certains modes de pêches ont des effets directs sur l’habitat
des espèces marines, qu’elles soient exploitées
ou non. Le chalutage contribue par exemple à la destruction
de l’habitat benthique. Annuellement, les
surfaces couvertes par le chalutage sont estimées à
la moitié de la surface des plateaux continentaux. Cette
surface représente 150 fois la surface de déforestation
annuelle en milieu terrestre et illustre l’ampleur de l’impact
potentiel sur les nombreuses espèces sédentaires.
Il existe également des effets directs de la pêche
sur des espèces non ciblées. Les pêcheries ciblent
généralement des espèces d’intérêt
commercial, à l’aide d’engins sélectifs
et/ou par l’exploitation de zones et de saisons adaptées.
Cependant, la sélection est loin d’être parfaite.
Les rejets en mer de captures d’espèces accessoires
(car sans ou avec peu d’intérêt commercial) sont
très élevés et représentent 27 millions
de tonnes sur un total de captures mondiales de 85 millions de tonnes
(soit environ 30 % des captures déclarées). La
commission Baleinière Internationale estime entre 65 000
et 80 000 le nombre de dauphins, phoques et autres mammifères
marins qui périssent ainsi chaque année. Environ 40 000
tortues marines en danger ou menacées d’extinction
sont prises dans les filets ou autres engins non-sélectifs.
Un autre exemple marquant mais non isolé est celui des pêcheries
de crevettes ou de crabes qui prélèvent environ trois
à dix fois leur volume en espèces de poissons non
désirables commercialement. Pour un kilogramme de crevettes
pêchées, il faudra rejeter en moyenne cinq à
dix kilogrammes de prises accessoires ! Ces pratiques d’exploitation
des ressources marines sont de plus en plus condamnables dans un
contexte de principe de précaution. Le monde de la pêche
s’attache aujourd’hui à corriger des habitudes
et des techniques de prélèvements des ressources qui
n’apparaissent plus adaptées aux exigences de conservation.