Un milliard de personnes tributaires du poisson dans le monde
Des années de " pêche miraculeuse " à l'effondrement des stocks
Le retour à un état initial peu probable | Les impacts de la pêche sur l'ensemble de l'écosystème marin | Une diminution inquiétante de
la taille des poissons | Dynamique des systèmes d'exploitation | Vers une pêche responsable et durable | Le Centre de Recherche Halieutique méditerranéenne et tropicale
Une diminution inquiétante de la taille des poissons
Une évolution qualitative essentielle des
débarquements de pêche montre les effets indirects
que peut engendrer la pêche sur l’ensemble de l’écosystème : les poissons de petite taille et situés en début
de chaîne trophique constituent une part croissante des captures. On pêche de plus en plus de sardines, d’anchois, de harengs et d’autres petits poissons pélagiques et de moins en moins de morues, flétans, colins, etc. Ce
phénomène n’est pas lié à un changement
de cible des pêcheurs, bien au contraire. En effet, les pêcheurs
ciblent le plus souvent les poissons carnivores de grande taille,
situés en haut de la chaîne trophique car ceux-ci ont
une valeur commerciale élevée.
Au Canada, où
la morue semble bel et bien avoir disparu, l’écosystème
est aujourd’hui dominé par des poissons pélagiques
et d’autres espèces situées plus bas dans la
chaîne trophique, notamment les crevettes et les crabes. Il
y a quelques décennies, on pouvait encore pêcher des
flétans de trois mètres et des morues de deux mètres.
Aujourd’hui, leur taille dépasse rarement le mètre.
Cette diminution de taille des poissons dans les captures est un
des symptômes clairs de la surexploitation généralisée
des stocks de poissons, et surtout des plus grands. Les scientifiques
commencent à mesurer l’ampleur de ce phénomène.
Les connaissances du fonctionnement du milieu marin, même
si elles sont incomplètes, laissent présager que la
diminution massive de ces espèces prédatrices aura
des conséquences importantes sur l’ensemble des écosystèmes
marins, bouleversant leur structure et leur fonctionnement. Dominés
par des espèces de petite taille et à courte durée
de vie, les écosystèmes deviendraient beaucoup plus
tributaires des variations environnementales et climatiques.