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Un port en eau profonde | Abidjan
n'existait pas
au début du XXe siècle | Une
mutation urbaine tous les vingt ans
Un habitat sur cour majoritaire | La
tentation du tout-Etat
Un habitat précaire éclaté | Du
tout-Etat à la privatisation
Une stratification socio-spatiale très
lisible | Pour
en savoir plus
Abidjan en images
Abidjan n'existait pas au début du XXe
siècle
Au dernier recensement général de la population publié
à ce jour (1988), la Côte-d'Ivoire comptait près
de 11 millions d'habitants. Elle n'en avait que 2 millions en 1930,
4 millions au début des années 1960. On en attend 16
ou 17 millions pour l'an 2000, dont 54 % seront urbains. La superficie
du pays étant de 320 000 km2, la population attendue pour l'an
2000 correspondra à une densité générale
de l'ordre de 50 hab/km2.Abidjan n'existait pas au début de
ce siècle. En 1950, elle venait tout juste de dépasser
le seuil des 50 000 habitants (fin 1948). Pour atteindre le million
d'habitants à la fin de l'année 1975, il fallut qu'elle
progressât de 10 à 12 % par an, ce qui correspond
à un doublement tous les 6 ou 7 ans. Mais la courbe s'infléchit
brusquement avec la crise des années 80.
On peut supposer que, dans les vingt dernières années
du siècle, le taux de croissance d'Abidjan aura évolué
dans une fourchette de 3 à 6 %.
La croissance naturelle a pris le dessus sur l'apport migratoire.
Les flux restent substantiels, mais les départs compensent
en partie les arrivées.
Les flux migratoires positifs ont amené, dans l'année
qui a précédé le recensement de 1988, 80 000
personnes, dont 50 000 provenaient des régions ivoiriennes
et 30 000 de l'étranger. De Côte d'Ivoire sont venus
surtout des Akan (sud-est, 48 %), puis des Mandé (nord-ouest,
24 %) et des Krou (sud-ouest, 20 %). De l'étranger
sont arrivés des Burkinabés (30 %), des Maliens
(22 %), des Ghanéens (19 %), des Nigériens
(11 %), des Guinéens (9 %). A noter que, parmi les
non-africains, les Libanais sont plus nombreux que les Européens,
et que les Français sont plus nombreux que les autres Européens
réunis. Tous ensembles, les non-africains ne représentent
guère que 3 % de la population abidjanaise, mais il s'agit
tout de même d'un record pour la région. |