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Un port en eau profonde | Abidjan
n'existait pas
au début du XXe siècle | Une
mutation urbaine tous les vingt ans
Un habitat sur cour majoritaire | La
tentation du tout-Etat
Un habitat précaire éclaté | Du
tout-Etat à la privatisation
Une stratification socio-spatiale très
lisible | Pour
en savoir plus
Abidjan en images
Une mutation urbaine tous les vingt ans
Avant 1950, Abidjan était déjà
partagée par la lagune
Ebrié, ce long plan d'eau paralèlle à
la mer. Sur la rive continentale, au nord, la presqu'île dite
Le Plateau abritait les fonctions centrales et l'essentiel de la
population d'origine européenne. Au sud, à la pointe
de l'île de Petit-Bassam, se développait le principal
quartier africain, Treichville. Mais un deuxième quartier
africain, Adjamé, existait au nord du Plateau, au départ
des routes de l'intérieur.
L'année 1950 marqua un grand tournant dans l'expansion de
la ville. Le port en eau profonde, inauguré cette année-là,
donnait à l'île de Petit-Bassam une importance considérable
notamment par les vastes zones industrielles qui y furent installées.
Un nouveau quartier africain, Koumassi, doubla Treichville, essentiellement
pour recevoir les travailleurs du port et des industries. Au nord
de la lagune, la ville blanche essaima sur la presqu'île voisine,
créant le quartier résidentiel de Cocody.
Abidjan changea à nouveau d'échelle autour de l'année
1970. Trois villes nouvelles, aux dimensions rapidement considérables,
firent leur apparition, symbolisant trois strates sociales caractéristiques
: à l'est la Riviéra (et les Deux-Plateaux) pour les
classes aisées et moyennes supérieures, à l'ouest
Yopongon pour les couches médianes salariées, au nord
Abobo dont les ressorts furent ceux d'une urbanisation populaire
"spontanée".
Après 1990, une nouvelle phase commença, favorisée
à la fois par la fin des grandes ambitions "houphouetiennes",
par la confirmation d'une modération démographique,
par une libéralisation sociétale, et aussi par la
mise en place, grâce aux fonds de la Banque mondiale, d'un
réseau performant de rocades urbaines. Au lieu d'éclater
à nouveau, Abidjan achève de prendre possession de
l'immense cadre de la phase précédente : un carré
d'une trentaine de kilomètres de côté.
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