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Un port en eau profonde  |  Abidjan n'existait pas
au début du XXe siècle
  |  Une mutation urbaine tous les vingt ans
Un habitat sur cour majoritaire  |  La tentation du tout-Etat
Un habitat précaire éclaté  |  Du tout-Etat à la privatisation
Une stratification socio-spatiale très lisible  |  Pour en savoir plus  
Abidjan en images

Un habitat sur cour majoritaire

Très vite, dans les trames orthogonales des quartiers populaires, la case mono-familiale a laissé place à des formules pluri-familiales. Huit à dix logements pour une parcelle de 400 m2, autour d'une cour partagée par le propriétaire et ses locataires. Constructions en rez-de-chaussée, un bâtiment long côté rue, un bâtiment long en fond de cour, chacun divisé en quatre ou cinq logements de 1 à 3 pièces. Les deux autres côtés de la cour sont occupés respectivement par les cuisines et les sanitaires, les unes et les autres extrêmement rudimentaires. Au centre de la cour, l'arbre à palabre. Telle était la matrice majoritaire dans les années 70.
Le statut d'occupation du logement était donc et reste principalement la location, les ménages propriétaires représentant moins de 10 % des cas, tandis que les ménages hébergés (par solidarité familiale ou communauté d'origine) sont de moins en moins nombreux. Le mode de production est l'auto-promotion bien davantage que l'auto-production, la qualité constructive exigeant de plus en plus le recours à des artisans du bâtiment.
Le principal acquis de ces dernières années est l'incorporation des cuisines et sanitaires dans les logements, ainsi que l'individualisation de l'espace cour, qui se morcelle en autant de courettes que d'appartements. Un autre sens de l'évolution est évidemment la verticalisation. Généralement limitée à un étage, elle n'abandonne pas le référent à la cour, et correspond souvent à un saut qualitatif. Mais il existe aussi un modèle de bloc massif, sur quatre parcelles réunies, qui développe six à huit étages s'ouvrant sur une cour-puits
Il semble qu'il y ait une relation forte entre ces évolutions et les modèles longtemps proposés par les programmes d'habitat social, qui ont notamment diffusé le principe de la courette individuelle.

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