                     |
Un port en eau profonde | Abidjan
n'existait pas
au début du XXe siècle | Une
mutation urbaine tous les vingt ans
Un habitat sur cour majoritaire | La
tentation du tout-Etat
Un habitat précaire éclaté | Du
tout-Etat à la privatisation
Une stratification socio-spatiale très
lisible | Pour
en savoir plus
Abidjan en images
Du tout-Etat à la privatisation
Lorsque le rêve de l'habitat social pour
tous fut abandonné, les logements furent progressivement
vendus à leurs locataires. Aux grosses sociétés
immobilières d'Etat ou d'économie mixte succédèrent
de nombreuses sociétés privées, qui commencèrent
d'exploiter un créneau jusque là délaissé
: le marché de la classe moyenne. Souvent possédées
par des gens proches du pouvoir, elles conservent le bénéfice
de prêts bonifiés, les standards de leurs réalisations
restant relativement modestes. Toutefois, à peine acquises,
les habitations (généralement de type pavillonnaire)
sont immédiatement transformées en villas-bunkers,
à la fois luxueuses et sécuritaires. C'est donc une
classe moyenne aisée qui est visée. Dans certains
de ces lotissements, les rues sont gardées et fermées
la nuit.
Dans les plus beaux quartiers d'Abidjan, le pavillon ou la villa
ont toujours dominé, depuis les modèles coloniaux
jusqu'aux "châteaux" baroques qui fleurissent aujourd'hui,
notamment dans le secteur de la Riviéra. Les rues fermées
y sont encore rares, mais on est passé insensiblement d'un
habitat végétalisé, visuellement très
ouvert, à des forteresses sévèrement gardées
par des polices privées.
Dans un autre domaine, la privatisation a aussi avancé. C'est
le cas des grands services tels que l'eau, l'électricité,
l'enlèvement des ordures, le traitement des eaux usées,
les transports urbains. Confiés à des sociétés
internationales, cette privatisation permit quelques progrès
fonctionnels. Mais il reste beaucoup à faire.
|