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Des paysages urbains contrastés | Les
habitants,
acteurs à part entière | La
ségrégation toujours présente
Les politiques publiques ont du mal à
s'imposer
Les habitants, acteurs à part entière
Les transformations de l'espace urbain dépendent
des choix résidentiels des individus. Ces choix, parfois
très limités par diverses contraintes (revenus, politiques
et offres de logement) existent pour tous, même les plus pauvres
qui disposent malgré tout d'une marge de manuvre. Nous
allons voir ici le sens de ces stratégies
résidentielles et leur rôle dans la diversité
métropolitaine.
Dans la plupart des métropoles, le choix résidentiel
qui semble prioritaire est celui du statut d'occupation. Le rêve
de devenir propriétaire apparaît comme une norme mais
n'a pas le même sens pour tous. Pour certains, la propriété
permet d'acquérir un certain statut, quitte à bâtir
illégalement. Pour d'autres, c'est un moyen de ne plus payer
de loyer, d'éviter l'expulsion, d'augmenter ses revenus en
louant une pièce. C'est parfois la seule façon de
trouver un logement.
A l'opposé, des ménages privilégient la location.
C'est le cas de familles très aisées qui préfèrent
louer en ville plutôt que d'acheter en périphérie,
des ménages modestes qui évitent ainsi le coût
des transports ou des étrangers qui préfèrent
investir au pays.
Le type d'habitat privilégié est la maison individuelle.
Majoritaire dans les villes du Sud, la maison confère un
statut social. Faute de fonds suffisants, l'auto-construction y
est courante et la structure parfois très modeste : le logement
individuel, même précaire, est préférable
à la promiscuité. La maison est aussi choisie pour
sa possibilité d'aménagements (elle s'agrandit pour
loger la famille, fonder un commerce, louer une pièce) mais
surtout, au Nord comme au Sud, pour les classes moyennes et aisées,
parce qu'elle répond au désir d'espace.
Dans des métropoles, les problèmes d'insécurité
poussent les ménages à choisir le lotissement, fermé
sur l'extérieur. Les plus aisés optent aussi pour
ce type d'habitat (haut standing) afin d'éviter les temps
de transport avec toutefois une résidence secondaire en campagne.
Alors que les classes aisées et moyennes optent plutôt
pour le logement en périphérie, loin des nuisances
urbaines, des pauvres et des étrangers préfèrent
le centre pour éviter le coût des transports. Pour
les classes modestes, l'éloignement est le prix à
payer pour devenir propriétaire. Mais ces choix de localisation
varient d'une métropole à l'autre. Ils dépendent
de l'efficacité des moyens de transport, du lieu des activités
économiques, du marché du logement. Ils ne sont pas
toujours liés à une logique économique : les
liens sociaux et familiaux influencent aussi la localisation.
Excepté les personnes contraintes à une mobilité
forcée (guerre, expulsion
), les ménages élaborent
des stratégies résidentielles qui varient fortement
d'un groupe social à l'autre, d'une métropole à
l'autre. Signe d'une position sociale, le statut résidentiel
renforce les inégalités.
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