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Des paysages urbains contrastés | Les
habitants,
acteurs à part entière | La
ségrégation toujours présente
Les politiques publiques ont du mal à
s'imposer
La ségrégation toujours présente
Sous l'effet des migrations, des mobilités
résidentielles, des politiques urbaines, du marché
du logement
, l'espace urbain s'étend et se réorganise
en permanence. Nous allons voir ici comment évoluent ces
recompositions territoriales à travers l'analyse de la ségrégation
sociale et le rôle des choix résidentiels dans ce mouvement.
Dans toutes les métropoles, les classes sociales évitent
de se mélanger. Pour exemple, les ménages aisés
ou à revenus moyens préfèrent habiter en périphérie
pour un meilleur cadre de vie mais aussi pour se retrouver entre
personnes de même rang social. A l'inverse, les plus démunis
évitent en général de côtoyer les riches
qui, pour certains, sont responsables de leur condition sociale.
La ségrégation existe donc partout et n'est pas récente,
à en juger l'histoire de villes comme Johannesburg (les populations
noires d'un côté, les blanches de l'autre) ou Montréal
(quartiers francophones et anglophones).
La ségrégation résulte des choix résidentiels
des individus mais pas uniquement. Les politiques urbaines participent
à ce phénomène en réaménageant
par exemple des quartiers dégradés ou en baissant
les taux d'intérêts sur les crédits immobiliers
pour permettre notamment aux plus démunis d'accéder
à des logement légaux. Le marché du logement
y contribue lui aussi car la mobilité résidentielle
est dépendante des offres de logement. Marché du logement,
politique urbaine et logique socio-résidentielle s'articulent
donc pour produire de la ségrégation.
Toutefois, si les classes sociales sont toujours désireuses
de vivre séparément, d'autres choix résidentiels
les rapprochent. Le retour des classes fortunées dans le
centre ville où résident aussi les plus démunis,
le départ en périphérie à la fois des
classes moyennes, aisées et modestes sur une superficie qui
ne peut s'étendre à l'infini, le déplacement
des poches de pauvreté
rapprochent les diverses classes
sociales. Mais ceci ne veut pas dire que la ségrégation
disparaît car proximité spatiale ne veut pas dire mixité
sociale. Les populations continuent de vivre chacune de leur côté.
La ségrégation prend aussi de nouvelles formes lorsque
les classes sociales habitent trop près les unes des autres
pour continuer à marquer leur différence sociale par
la localisation du logement. Ainsi, les divers ménages n'ont
pas accès aux mêmes espaces (écoles, centres
de loisirs), les mêmes facilités de déplacements.
Habitant le même endroit, ils n'occupent pas la même
ville.
Si les recompositions territoriales n'ont pas fait disparaître
la ségrégation sociale, sa lisibilité est aujourd'hui
plus complexe. Le paysage urbain d'aujourd'hui a l'aspect d'une
mosaïque de micro espaces de plus en plus homogènes
dont les formes varient d'une métropole à l'autre
selon les interactions du marché foncier, des politiques
urbaines, des choix résidentiels.
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