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Les facteurs de risques anthropiques
Croissance démographique
et contact avec les virus | Les
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systèmes de quarantaine
Croissance démographique et contact
avec les virus
Homo sapiens sapiens, comme ses ancêtres
hominiens et simiens, est omnivore. Sa pensée réfléchie
lui a permis d’inventer et de développer des techniques
pour améliorer le rendement de son économie de subsistance
alimentaire; il a domestiqué le feu et créé
des outils. Son action sur l'environnement naturel est donc très
ancienne. Très tôt par exemple, il a incendié
les forêts sèches et les brousses pour chasser. Les
préhistoriens parlent de la « révolution
néolithique », datée d’environ dix
mille ans, quand l’homme a commencé à transformer
la nature. L'élevage a modifié de vastes espaces végétaux
et a mis les humains en contact avec les parasites d’animaux
(les tiques par exemple). L'agriculture a créé de
nouvelles espèces végétales et transformé
de fond en comble de vastes espaces par le défrichage, les
brûlis, les jachères ,
la construction de barrages pour l'irrigation ,
toutes ces actions prenant toujours plus d’ampleur et s’accumulant
au fil des générations : la majorité des terres
cultivables de la planète a été touchée.
Ainsi, on peut vraisemblablement dater du début de la période
néolithique les premières transmissions interhumaines
d’agents infectieux. Ce pourrait être notamment le cas
du virus de la rougeole. OLDSTONE en 1998 estime que ce virus aurait
infecté l’homme il y a environ 6 000 ans, au début
de la révolution agricole en Mésopotamie. Il aurait
une origine animale, canine (canine distemper virus) ou
bovine (rinderpest virus ou « virus de la peste
des petits ruminants »). Profitant de conditions favorables
liées à une augmentation significative des densités
des populations humaines, il se serait adapté à l’homme.
L'espèce humaine, par ses capacités de réflexion
et d’adaptation pour profiter au mieux de l'environnement
terrestre, a connu une exceptionnelle réussite démographique.
Sa croissance démographique est longtemps restée modérée,
et la terre était vaste. L'impact sur l'environnement demeurait
faible. L'isolement des populations était important (le grand
nombre – quatre à cinq mille – de langues ayant
existé ou existantes l’atteste). La maladie était
présente, mais on ne connaissait pas d’épidémies
étendues, l’absence de communications entre les populations
et leur extrême fluidité s’y opposaient. Enfin,
l'impact de l’homme sur son environnement biologique n'est
pas du même ordre pour un habitant au kilomètre carré
que pour quelques dizaines, voire quelques centaines, dans une économie
agricole.
La réussite démographique humaine, due en grande partie
au développement de l'agriculture et du pastoralisme, trouve
une de ses limites dans le contact avec des virus, favorisé
par ces mêmes activités. Nous allons en donner quelques
exemples contemporains.
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