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Les facteurs de risques anthropiques
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et contact avec les virus | Les
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Hôte et/ou environnement nouveau
:
les virus du groupe Hantaan
En Corée, la mise en valeur des terres pour
la culture du riz a favorisé le pullulement de rongeurs,
jusqu'à ce que la fréquence des rencontres homme-rongeur
soit suffisamment élevée pour que le virus sorte de
son cycle naturel et qu'il infecte les agriculteurs. La maladie
fut nommée « fièvre hémorragique
de Corée ». Elle était connue depuis des
siècles, mais elle devint, pour les milieux médicaux
occidentaux, maladie « nouvelle » lorsque
dans les années 1950 – durant la guerre de Corée –
plusieurs milliers de militaires des Nations unies furent atteints
(on constate là l'importance des facteurs socio-économiques
dans la reconnaissance d'une maladie : il a fallu un nombre élevé
de cas cliniques graves dans une population très médicalisée
pour la révéler). Grâce aux efforts conjoints
des chercheurs coréens et américains, l'agent responsable
fut reconnu comme un virus « nouveau », baptisé
Hantaan, du nom de la rivière coréenne qui sépare
aujourd’hui les deux Corée.
Dans les années 1980, un virus analogue fut identifié
en Scandinavie, le virus Puumala, responsable d'une atteinte rénale
aigue, avec un tableau clinique radicalement différent. Comme
en Extrême-Orient, on identifia un rongeur à la fois
réservoir et vecteur du virus. En 1983, les virologistes
américains mirent en évidence la circulation d'un
virus proche dans les populations de rongeurs de Louisiane et du
Maryland. En France, les premières sérologies positives
confirmèrent la présence de ce type de virus de l'Ile-de-France
aux Ardennes. En 1990 fut isolée une souche locale de virus
Puumala, dont la fréquence apparaissait non négligeable :
une étude réalisée à l'hôpital
de Charleville-Mézières en 1990 a montré qu'un
tiers des insuffisances rénales aiguës y seraient dues
à ce virus. En Belgique, des colonies de rats de laboratoire
furent trouvées naturellement infectées. La présence
d’un virus Hantaan fut également détectée
en République centrafricaine. Pendant dix ans, tous ces virus,
très proches antigéniquement, ne se sont avérés
hautement pathogènes qu'en Extrême-Orient, alors qu’ils
étaient présents dans le reste du monde, hébergés
par des populations de rongeurs, associés à des contaminations
humaines rares et sans conséquences graves. Mais, en 1993,
une épidémie due à un Hantavirus éclata
au cœur des États-Unis et se révéla dramatique
par sa mortalité élevée. Dès le début
de l’épidémie chez les Navajos, le lien avec
les rongeurs put être établi en raison de la pullulation
de rats relevée cette année-là, due au fait
que les moissons avaient été avancées et abondantes
en raison d’une pluviosité exceptionnelle l'hiver précédent.
Les États-Unis hébergent donc l’un des virus
les plus dangereux que l’on connaisse, si on tient compte
de son mode de transmission par aérosol et de sa forte létalité
(67 % des personnes infectées). Pourquoi ce virus aujourd'hui
? Quels sont les facteurs humains et naturels qui ont entraîné
son apparition ? Est-ce bien un nouveau virus, ou un virus qui a
jusque-là échappé à la vigilance des
Services de santé américains ?
Aujourd'hui, les infections causées par les Hantavirus sont
une priorité de santé publique en Chine, où
l'on dénombre plus de soixante mille cas par an et où
les biotopes favorables aux réservoirs de rongeurs ne cessent
de s’étendre, au rythme du développement agricole
incessant qui suit la croissance des populations humaines. 
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