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Les facteurs de risques anthropiques
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et contact avec les virus | Les
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L'homme favorise la pullulation vectorielle
:
la fièvre hémorragique de Crimée-Congo
Les premières flambées de cette maladie
fébrile accompagnée de sérieuses manifestations
hémorragiques ont été enregistrées en
URSS (sud de la Russie et de l’Ukraine) en 1944. La maladie
était nouvelle et résultait de modifications écologiques
dues à l’action humaine. A la fin de la Seconde Guerre
mondiale, des militaires soviétiques vinrent aider au développement
des cultures ; comme la chasse était interdite, le gibier
pullulait, en particulier les lièvres qui favorisèrent
l'accroissement du vecteur, la tique Hyalomma marginatum,
assurant ainsi la transmission du virus à ce type de population
nouvellement arrivée .
L'épidémie prit fin à la suite de violentes
pluies qui entraînèrent une forte mortalité
parmi les lièvres. En Astrakhan, où le virus a été
à l'origine d'épidémies en 1953 et en 1968,
ce sont également des changements environnementaux qui ont
permis l'émergence de cette virose . En effet, la régulation
des populations de tiques vectrices du virus de la fièvre
hémorragique de Crimée-Congo (FHCC) était assurée
principalement par les inondations occasionnées au printemps
par les crues de la Volga. L'homme, en régulant le cours
du fleuve, a favorisé à la fois la pullulation vectorielle
et les réservoirs de virus, ce qui a été à
l'origine des poussées épidémiques endiguées
à leur tour par la survenue d'un hiver très froid.
La maladie fut décrite dans d'autres régions d'URSS,
puis en Europe de l'Est, notamment en Bulgarie et en Yougoslavie.
Après de nombreux essais infructueux, le virus agent de la
fièvre hémorragique de Crimée fut isolé
en 1966 par les chercheurs soviétiques. Il s'avéra,
en fait, identique à un virus isolé dix ans plus tôt
au Congo belge (actuellement République démocratique
du Congo), à Kinshasa, à partir d'une infection fébrile
observée chez un jeune enfant.
L’aire de distribution de ce virus (Nairovirus) comprend l'Afrique,
l'Europe de l'Est, plusieurs États de l'ancienne URSS, le
Moyen-Orient et différents pays d'Asie ; il est toujours
transmis par des tiques dans ces régions. Bien qu'il ait
été isolé à partir de vingt-cinq espèces,
ses vecteurs les plus importants appartiennent au genre Hyalomma.
Le virus FHCC est à l'origine d'hémorragies digestives
extrêmement sévères, avec un pronostic très
défavorable. L'une de ses caractéristiques les plus
redoutables est son aptitude à provoquer des épidémies
nosocomiales.
Plus de 10 espèces de tiques vectrices
On se demande pourquoi la forme hémorragique de la FHCC n'est
pas aussi prévalente
dans les pays d'Afrique de l’Ouest qu'en Eurasie (il est admis
que la pathologie induite par le virus est identique dans les deux
régions et s'apparente au groupe des fièvres hémorragiques
virales). Les souches virales sont en effet génétiquement
si proches que l'on considère qu'elles relèvent d'une
seule espèce du virus. Les tiques vectrices appartiennent
aux mêmes genres et ont la même efficacité comme
vecteur ; enfin, et surtout, le réservoir ongulé est
le même : le mouton. La réponse réside certainement
dans le cycle de maintenance du virus dans la nature. Quelques expériences
préliminaires nous donnent en effet à penser que l'hôte
joue un rôle de sélection sur des sous-populations
virales pouvant présenter un phénotype nouveau, qui
se traduirait par une pathogénie accrue chez le vertébré.
Plus de dix espèces de tiques peuvent transmettre le virus
et tous les ongulés et les camélidés semblent
sensibles à l'infection, même s'ils ne développent
pas de maladie apparente. On se pose donc la question de savoir
quelle combinaison hôte/vecteur créerait une sous-population
virale hautement pathogène pour les humains en Afrique. Quant
à l'origine géographique du virus, elle reste tout
à fait inconnue.
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