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Les facteurs de risques anthropiques
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Déforestation et maladie de la
forêt de Kyasanur en Inde
En 1957, des rapports signalèrent des épizooties
fatales touchant les singes sauvages dans les régions boisées
du district de Shimoga, en Inde, accompagnées de flambées
d'une maladie chez les villageois vivant à la lisière
des forêts. Les autochtones appelèrent cette infection
« la maladie des singes », en raison du taux
de mortalité élevé chez ces animaux. Ces observations
suscitèrent une grande inquiétude chez les autorités
médicales nationales et internationales ; celles-ci crurent
un moment à l'apparition de la fièvre jaune sur le
continent asiatique – cette éventualité
menaçante est une des plus grandes craintes de l'Organisation
mondiale de la santé.
En réalité, le virus isolé appartient bien
à la famille des Flaviviridae, comme celui de la fièvre
jaune, mais se rapproche davantage du groupe des encéphalites
à tique, bien que provoquant chez l'être humain une
fièvre hémorragique. Le cycle de circulation du virus
de la forêt de Kyasanur est complexe; il fait intervenir une
tique (Haemaphysatis spinigera)
comme vecteur et divers mammifères jouent le rôle d’hôtes
réservoirs. Les tiques se nourrissent sur les singes, lesquels
développent une virémie importante et peuvent faire
une maladie d'évolution fatale – ce fut l'épizootie
simienne qui alerta les autorités.
L'être humain , un hôte accidentel
L’être humain ne joue aucun rôle dans la transmission
naturelle du virus de la forêt de Kyasanur. Il a cependant
modifié de façon spectaculaire la situation épizootique
silencieuse, en défrichant pour créer des pâturages
ou à d'autres fins agricoles. Le bétail était
mis en pâture autour de la forêt, offrant ainsi aux
tiques une nouvelle et abondante source de repas sanguins; ce qui
entraîna une prolifération des tiques vectrices de
la maladie – situation analogue à celle décrite
pour le virus FHCC en Crimée, au lendemain de la Seconde
Guerre mondiale. La maladie reste cependant limitée à
quelques foyers. La surveillance de la mortalité des singes
est un excellent indicateur de la survenue d'une flambée
épidémique. La dernière poussée fut
observée en 1982-1983, à la suite du déboisement
de la forêt de Nidle pour y planter des anacardiers; les travailleurs
venant des zones voisines avaient remarqué dans la forêt,
vers la fin du mois d'octobre, des singes morts ; les premiers cas
humains de la maladie se produisirent en décembre.
Le virus de la forêt de Kyasanur présente également
la particularité d'avoir été à l'origine
de nombreuses contaminations de laboratoire par des aérosols,
tant en Inde qu'aux États-Unis. |