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Les facteurs de risques anthropiques
Croissance démographique
et contact avec les virus | Les
virus du groupe Hantaan | Fièvre
hémorragique d'Argentine | Encéphalite
japonaise | La
fièvre hémorragique de Crimée-Congo | La
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de la forêt de Kyasanur en Inde | Les
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fièvre jaune en Afrique de l'Ouest | L'urbanisation :
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de produits biologiques | Les
systèmes de quarantaine
Les migrations des populations humaines
et simiennes :
la fièvre jaune en Afrique de l'Ouest
Durant les années 1980, les épidémies
de fièvre jaune en Afrique de l'Ouest ont été
causées par un mouvement de grande ampleur des populations
d'éleveurs semi-nomades ,
amenées à fuir la sécheresse des régions
sahéliennes. L’épidémie de 1983 au Burkina
Faso illustre la réapparition d'une arbovirose à la
suite de l'arrivée et de l'implantation d'une population
non immune, en l'occurrence les pasteurs peuls en provenance du
nord-est du pays où la maladie est inconnue et donc non vaccinés.
L'implantation de cette population s'est faite spontanément
dans les zones « maudites » de la région
où sévissait l'onchocercose, cette redoutable filariose
qui avait entraîné le départ des populations
locales. À la suite d'intenses campagnes, l'OMS, en collaboration
avec l’IRD, dans le cadre d'un programme cofinancé
par le Pnud
et la Banque mondiale, avait réussi à éliminer
ce fléau.
Cette région redevenue hospitalière – tout
au moins relativement, des épidémies de choléra
s'y produisent encore – allait être le siège
d'une des plus grandes épidémies de fièvre
jaune recensées à ce jour. Pour une population estimée
entre 25 000 et 35 000 habitants, la morbidité
fut d'environ 50 % (70 % chez les enfants de moins de
14 ans). Le taux de mortalité fut de 4 %, soit 1 000
à 1 400 décès.
Des mouvements plus localisés de populations ont abouti à
des situations similaires; ainsi au cours d'une épidémie
au Nigeria, dont on peut suivre les déplacements : débutée
en juin 1986 dans l'État de Benue, au centre-est du pays,
l'épidémie se propagea dans le sud-ouest, suivant
les déplacements des pasteurs. Elle toucha progressivement
l'ensemble du pays et pénétra dans les pays limitrophes
comme le Cameroun. Les observations nigérianes peuvent être
généralisées à l'ensemble de l'Afrique
de l'Ouest. L'épidémie de Gambie, en 1978, fit suite
à la circulation du virus amaril dans la région de
Kédougou, au Sénégal oriental, les deux années
précédentes; le virus se déplaça vers
la Gambie, probablement par l’intermédiaire des singes
infectés du parc de Niokolo-Koba. Les épidémies
du Ghana et du Burkina Faso de 1983 furent étroitement associées.
Le seul facteur qui arrête la circulation du virus amaril
est la fin de la saison des pluies. Il suffit que celle-ci se poursuive
plus que la normale ou que l'amplification virale débute
au tout début de cette saison pour que l’on assiste
à une épidémie de grande ampleur chez les populations
non immunes nouvellement arrivées. Cette situation est très
différente des épidémies du début du
siècle, où les colons et militaires, nouveaux arrivants,
payaient un lourd tribut à la maladie qui se manifestait
dans les agglomérations portuaires. Ce que nous observons
à l'heure actuelle, ce sont des épidémies en
milieu rural. Du reste, les vecteurs incriminés, notamment
Aedes africanus, sont selvatiques. On imagine l'ampleur des ravages
si des épidémies de fièvre jaune se développaient
en milieu urbain.
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