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Les facteurs de risques anthropiques
Croissance démographique
et contact avec les virus | Les
virus du groupe Hantaan | Fièvre
hémorragique d'Argentine | Encéphalite
japonaise | La
fièvre hémorragique de Crimée-Congo | La
fièvre hémorragique d'Omsk en Sibérie | Maladie
de la forêt de Kyasanur en Inde | Les
virus Oropouche et Machupo | La
fièvre de la vallée du Rift | La
fièvre jaune en Afrique de l'Ouest | L'urbanisation :
la dengue hémorragique | Les
pratiques sexuelles :
le sida | Les risques
du voyage | Les
foyers épidémiques nosocomiaux | L'utilisation
de produits biologiques | Les
systèmes de quarantaine
Les risques du voyage
La conquête
de nouveaux espaces | De
plus en plus de gens voyagent
Mise en contact de populations génétiquement
différentes | Diffusion
de germes infectieux dans les avions et les bateaux
L'avion est devenu le moyen le plus radical de
diffusion des germes infectieux. Plusieurs centaines d'appareils
long-courriers volent en permanence d'un pays à l’autre
et d'un continent à l’autre. Ils acheminent deux types
de vecteurs potentiels : les passagers, dont la plupart ignorent
les risques qu'ils courent et font courir aux autres, et les arthropodes,
dont beaucoup d'espèces pullulent dans maintes aérogares
et zones de fret, pas forcément d’ailleurs uniquement
sous les tropiques. Ces petites bêtes embarquent facilement
dans les cabines et soutes des avions. La diffusion d’un aérosol
insecticide à l’arrivée de certains long-courriers
est rassurante, mais d’une efficacité douteuse.
Les plus dangereux des arthropodes vecteurs potentiels de germes
infectieux sont les moustiques. Ces dernières années,
ils ont diffusé le paludisme dans le voisinage d'aéroports
européens et américains ; des gens en sont morts près
de Roissy, à côté de Newark (l’un des
aéroports new-yorkais) et ailleurs. Une recherche menée
à Londres a montré que des moustiques étaient
présents dans 12 des 67 avions contrôlés en
provenance de régions tropicales. Ils résistent bien
mieux que les hommes aux conditions climatiques les plus extrêmes
: des moustiques placés dans les coffres de train d'atterrissage
d'un Boeing 747 étaient toujours vivants après six
à huit heures de vol par – 42 °C ! Enfin, nous
ne devons pas oublier que l’avion lui-même peut jouer
un rôle dans l’apparition d’une épidémie.
En 1979, un avion portant à son bord 54 passagers a été
immobilisé durant trois heures sur un aéroport en
Alaska, pour réparation du système de ventilation.
Un passager souffrait de grippe, et le virus a pu contaminer 72 %
des personnes embarquées !
Le transport maritime, s'il est moins rapide, peut être également
un moyen de transport de vecteurs. Aedes albopictus (un
des principaux vecteurs de la dengue) a été introduit
aux États-Unis dans une cargaison de pneus usagés
provenant d'Asie et s’est adapté à son nouveau
continent. Dans des conditions similaires, il a été
introduit au Nigeria, où il pourrait devenir un vecteur majeur
de la fièvre jaune. Par ailleurs, 367 espèces différentes
(dont des espèces végétales) ont été
trouvées dans les ballasts d'eau « potable »
de cargos faisant le trajet entre le Japon et la Baie de Coos en
Oregon. C'est un fait : les insectes, comme nous, se déplacent
par myriades partout sur la terre, grâce aux moyens de transport…
des humains ! |