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Les Filovirus (Ebola et Marburg)

Des virus énigmatiques  |  Des foyers importants en Afrique centrale
et au Sénégal
  |  La piste des virus des plantes  |  Virus communs aux règnes animal et végétal ?

Des virus énigmatiques

Aujourd'hui, près de trente ans après la découverte du premier membre de la famille des Filoviridae, on ne connaît ni les hôtes naturels, ni les vecteurs, ni les réservoirs de ces virus. À l’heure actuelle, on ne sait pas où ces virus se maintiennent dans la nature après s’être manifestés sous forme d'épidémies mortelles. Autrement dit, leur cycle de maintien dans la nature reste du domaine de la pure spéculation. Ce cas est unique dans l'histoire de la virologie, à savoir qu'un virus ou une famille de virus, hautement pathogènes pour l'homme, aient résisté aux nombreuses recherches conduites sur l'épidémiologie de la maladie et l'écologie des germes.
Dès leur isolement et leur caractérisation, ces virus ont posé une énigme : leur morphologie originale les rapprochait de la seule famille des Rhabdoviridae (virus de la rage), tout en présentant des caractères jamais observés auparavant en microscopie électronique (ils ont l’aspect d’un long filament). Puis, l'analyse du génome a démontré une stratégie de réplication proche à la fois de celle des Rhabdovirus et des Paramyxovirus (virus respiratoire). Finalement, on a conclu que les souches de virus Marburg et Ebola formaient un groupe taxonomique original, pour lequel l'équipe de Michael Kiley proposa de créer la famille des Filoviridae. Mais l'histoire de leur errance taxonomique n’est pas terminée. La définition d'une famille laisse subsister la question du genre et de l’espèce qui, malgré une différence claire entre les souches de virus Marburg et Ebola, n'a pu être établie, en raison de l'absence de test de séroneutralisation, classiquement utilisé pour une classification des espèces virales.



 

Les maladies virales, introduction