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L'évolution des virus
Le concept de populations
virales en équilibre | Evolution
par mutations ponctuelles | Evolution
par recombinaison génétique | Evolution
par réassortiment des gènes | Evolution
par délétion ou duplication de gènes
Le concept de populations virales en équilibre
Les ribovirus ont un potentiel évolutif
très élevé. Plusieurs facteurs interviennent,
mais c'est avant tout la mécanique même de réplication
de ces virus qui est le principal moteur de cette instabilité
génétique. Les ribovirus utilisent en effet une polymérase
qui ne répare pas ses erreurs de lecture du code génétique
lors de la réplication, contrairement aux virus à
ADN qui possèdent une ADN polymérase avec une correction
de lecture. La conséquence en est un taux de mutation 1 000
fois plus élevé chez les virus à ARN que chez
ceux à ADN.
Les virus à ARN se répliquent en augmentant la diversité
de leur génome, une sous-population dominante pouvant apparaître
au hasard ou par sélection chez l'hôte, cette nouvelle
population de quasi-espèces remplaçant la population
mère. Comme dans le reste du monde biologique, l'évolution
semble se faire en une succession de périodes stables ou
d'équilibre des sous-populations, succession ponctuée
par l'apparition d'une population mieux adaptée et/ou plus
efficacement répliquée par son hôte.
Quelle est la signification biologique des quasi-espèces
? Certaines régions du génome des virus à ARN
sont beaucoup plus stables que d’autres régions. Par
exemple, pour les virus de la grippe, les antigènes de surface
évoluent beaucoup plus rapidement que les protéines
internes. En outre, un virus de la grippe évolue plus rapidement
chez l’homme que chez les oiseaux. En d’autres termes,
un virus peut avoir atteint un niveau d’équilibre chez
un hôte donné et subir une rapide évolution
quand il est introduit chez un autre hôte. Pour les virus
de la grippe qui se multiplient dans le tractus intestinal des oiseaux,
ils sont adaptés à leur hôte et soumis à
une faible pression sélective. Dès que ces mêmes
virus sont transmis à l’homme, ils subissent une rapide
évolution. De même, de nombreux arbovirus évoluent
lentement comparativement aux autres virus à ARN : probablement
les contraintes auxquelles ils doivent répondre pour se répliquer
chez deux hôtes différents (moustiques et vertébrés)
limitent-elles l’évolution de ce groupe de virus. Mais
c’est aussi leur capacité à évoluer qui
leur permet de s’adapter à des cycles complexes. À
de rares exceptions près, tous les arbovirus sont des virus
à ARN.
Cette diversité des populations virales constitue un mécanisme
important d'évolution chez les virus à ARN, mais ce
serait simplifier que d'en attribuer la responsabilité à
un processus unique. Car les virus évoluent aussi par l’effet
d'autres mécanismes : hyper mutation, recombinaison, réassortiment
de gènes, ou par l’action combinée de ces différents
processus.
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