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L'évolution des virus
Le concept de populations
virales en équilibre | Evolution
par mutations ponctuelles | Evolution
par recombinaison génétique | Evolution
par réassortiment des gènes | Evolution
par délétion ou duplication de gènes
Évolution par réassortiment
des gènes
Un certain nombre de virus à ARN, dont le
génome est constitué de plusieurs fragments, possèdent
la propriété, lors d’une infection d’un
même hôte par deux virus proches, de pouvoir échanger
les différents gènes. Ce processus original est appelé
réassortiment.
Les virus de la grippe A constituent un modèle bien connu
d’évolution par réassortiment. Il s'agit de
virus à génome segmenté, comprenant huit fragments
d'ARN. Expérimentalement, par co-infection de cellules permissives
au moyen de virus différents, il est possible de générer
de nouveaux virus par le réassortiment des gènes lors
de l'assemblage des virus. Ce phénomène existe également
dans la nature et constitue un des supports de l'évolution
des virus grippaux. Ils sont classés en sous-types définis
par le sérotype de leurs protéines de surface, l'hémagglutinine
(H) et la neuraminidase (N). Il existe quinze sérotypes d'hémagglutinine
: trois seulement sont associés chez l’homme à
des pandémies (H1, H2, H3) ; récemment, de rares cas
sporadiques ont été associés à des virus
de la grippe porteurs des hémagglutinines H5, H7 ou encore
H9 ; chez les espèces animales, deux sérotypes sont
connus chez le cheval (H3 et H7), deux chez le porc (H1 et H2) ;
tous sont présents chez les oiseaux. Il existe neuf sérotypes
de neuraminidase : deux chez l'être humain (N1 et N2), deux
chez le cheval (N7 et N8), deux chez le porc (N1 et N2) ; tous existent
chez les oiseaux. Ces données structurales, liées
aux observations épidémiologiques, laissent à
penser que les oiseaux constituent le réservoir des virus
de la grippe. Cependant, la transmission de virus aviaires à
l’homme est exceptionnelle. Jusqu’en 1997, on ne connaissait
que trois cas de virus répondant à la formule H7N7
qui avait contaminé l’homme et induit une conjonctivite.
En 1997, une épidémie à Hong Kong, due à
un virus H5N1 (grippe du poulet) a confirmé la possibilité
de transmission directe d’un virus aviaire à l’homme.
Au total 18 cas furent rapportés, dont 6 décès.
Ce virus H5N1 a été récemment détecté
à nouveau, en février 2003, lors de l’épidémie
de SRAS rapportée en Chine. Cette observation particulièrement
inquiétante, suggérant la possibilité d’une
nouvelle pandémie de grippe, a largement influé sur
la décision de l’Organisation mondiale de la santé
de lancer une alerte mondiale de lutte contre cette infection. Signalons
enfin en mars 1999 la survenue à Hong Kong de deux cas d’infection
due à un virus d’origine aviaire H9N2. Cette transmission
de virus de grippe aviaire est un phénomène dont l’existence
est récente, jusqu’à présent les virus
habituellement transmis à l’homme ont résulté
d’un processus de réassortiment qui se produit chez
le porc : celui-ci possède en effet des récepteurs
cellulaires qui le rendent apte à être infecté
aussi bien par des virus humains qu’aviaires : le porc joue
donc un rôle intermédiaire prépondérant
dans la génération des nouveaux virus de la grippe
humaine. Les virus de grippe A (H2N2 et H3N2) apparus lors des deux
dernières pandémies en 1957 et 1968 résultent
de réassortiments génétiques entre virus humains
et aviaires. Il a été postulé que le porc aurait
joué le rôle de l’hôte intermédiaire
au niveau duquel, à la faveur d’une co-infection, les
réassortiments se seraient produits.
Certaines espèces de moustique ont la propriété
de transmettre le virus à leur descendance (transmission
transovarienne). Précisons que cette propriété
a été établie expérimentalement pour
un nombre limité d’arbovirus en raison des difficultés
expérimentales (nécessité d’infecter
de nombreux moustiques et d’étudier l’éventuelle
présence du virus dans la descendance), mais elle pourrait
constituer une règle générale de la biologie
des arbovirus. L’équipe de Barry Beaty a montré
que la génération de moustiques infectée par
voie transovarienne n’était pas réfractaire
à une surinfection par un nouveau virus. En effet, dans ce
cas, la quantité de virus initial contenu dans les glandes
salivaires est très faible et n’interfère pas
avec une surinfection. Ces moustiques doublement infectés
sont capables de générer des réassortants.
L’expérience a été menée avec
le vecteur Aedes triseriatus et le virus LaCrosse. Cette
découverte confirme le fait que le vecteur est un hôte
idéal pour l’évolution des arbovirus. Le réassortiment
des gènes chez les virus à génome segmenté
apparaît relativement fréquent. Le phénomène
est avéré par exemple par des observations relatives
au virus de la fièvre de la vallée du Rift au cours
d’études épidémiologiques en Afrique.
Toutefois, la conséquence en termes de virulence reste à
préciser.
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