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La maladie de Creutzfeldt-Jakob
Cette maladie dans sa forme sporadique se caractérise
par une démence profonde, des troubles de la coordination
et des spasmes musculaires. Ces symptômes évoluent
vers la mort du malade environ un an après l’apparition
des signes cliniques. L’examen histopathologique du tissu
cérébral révèle des modifications spongiformes
caractéristiques, ainsi que la présence de la PrP
accumulée en fibrilles ou en bâtonnets détectés
par microscopie électronique. La forme dite sporadique est
la plus fréquente (90 à 95 % des cas) et se retrouve
principalement chez les adultes de plus de cinquante ans. L’incidence
de cette maladie en Europe ou aux États-Unis est restée
remarquablement stable ces dernières années. On l’estime
à environ un cas par million d’habitants. Au cours
des vingt dernières années, à cette forme sporadique
sont venus se rajouter des cas apparus chez des sujets contaminés
de manière fortuite. Contamination par un acte médical
suite à un acte chirurgical, ou par l’hormone de croissance
d’origine hypophysaire, ou transmission consécutive
semble-t-il à l’ingestion d’aliments contaminés
provenant de bovidés atteint de la maladie de la vache folle.
Les premiers cas de transmission de la MCJ lors d’un acte
chirurgical ont été rapportés dès 1974,
à l’occasion d’une transplantation de cornée.
Par la suite, d’autres cas ont été observés
après utilisation d’instruments de neurochirurgie.
En 1987, le premier cas de transmission de MCJ après une
greffe de dure-mère a été rapporté aux
États-Unis, puis d’autres cas ont été
signalés dans différents pays. Au Japon par exemple,
entre 1985 et 1995, 43 cas de MCJ ont été associés
à des greffes de dure-mère.
Les premiers cas de transmission par traitement avec l’hormone
de croissance remontent à 1985 aux États-Unis. En
France, les quatre premiers cas ont été signalés
en 1992. Un bilan établi en 1998 révèle un
total de 97 cas dans le monde, dont 53 rapportés en France.
Cette transmission est liée à l’utilisation
d’hormones de croissance obtenues par extraction à
partir d’hypophyses prélevées chez des sujets
atteints de Creutzfeldt-Jakob. Bien que le nombre de cas soit faible,
cet incident a suscité une vive controverse sur les responsabilités
du fabricant. Par la suite, l’introduction d’étapes
complémentaires d’inactivation des prions et surtout
l’utilisation d’une hormone de croissance de synthèse
ont résolu le problème.
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