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spongiforme bovine
Des maladies rares : les encéphalopathies
spongiformes transmissibles à l'homme
L’existence d’encéphalopathies
spongiformes transmissibles à l’homme a été
révélée au début des années 1920
quand deux neurologistes allemands, Creutzfeldt et Jakob, ont décrit
pour la première fois le syndrome qui porte leur nom. Toutefois,
cette affection est longtemps demeurée une curiosité
clinique.
Ce sont Carleton Gajdusek et Vincent Zigas qui ont décrit
dans les années 1950, en Nouvelle-Guinée, une maladie
caractérisée par des troubles de la coordination,
des tremblements et une démence : le kuru. William Hadlow
a établi un rapprochement entre cette maladie humaine et
la tremblante du mouton, décrite dès 1936 par Jean
Cuillé et Paul-Louis Chelle. Le rapprochement de ces deux
infections a permis d’orienter les recherches de l’équipe
de Gajdusek sur l’étiologie
du kuru. En 1965, après plus d’un an d’incubation,
Gajdusek reproduit la maladie chez des chimpanzés inoculés
par voie intra-cérébrale avec un broyat de cerveau
d’un malade atteint du kuru. En 1968, c’est encore l’équipe
de Gajdusek qui réussit à transmettre la maladie de
Creutzfeldt-Jakob aux chimpanzés. C’est ainsi qu’est
né le concept de maladies infectieuses provoquées
par des « virus lents », ainsi dénommés
en raison de la longue période d’incubation. Il aura
fallu plus de quinze ans à l’équipe de Gajdusek,
qui a mené une recherche de détective allant de l’anthropologie
de terrain dans les collines de Nouvelle-Guinée aux laboratoires
de neurologie expérimentale de la banlieue de Washington,
pour conclure à l’origine « virale » de
cette affection.
Ces travaux de pionnier sur la transmissibilité à
l’animal du kuru et de la maladie de Creutzfeldt-Jakob allaient
ouvrir la voie à l’étude des encéphalopathies
spongiformes transmissibles.
Le prion : agent de la tremblante
En 1982, Stanley Prusiner obtient la purification de l’agent
de la tremblante, qu’il appelle prion et qu’il assimile
à une protéine (PrP). Après séquençage
et obtention d’ADN complémentaire, Prusiner démontre,
à la surprise générale, que l’information
génétique qui code pour la protéine existe
dans un gène humain situé sur le chromosome 20. Par
convention, on appelle PrPc la protéine présente dans
les cellules normales, et PrPSc l’isoforme qui s’accumule
dans le système nerveux central de tous les organismes atteints
d’EST. Il s’agit d’une protéine de 235
acides aminés. Il n’y a aucune différence dans
la séquence primaire des acides aminés entre les protéines
PrPc et PrPSc. La seule différence entre les deux protéines
semble résider dans une modification de la conformation spatiale
de la molécule.
Les souris qui ont subi une ablation du gène PrP se sont
avérées résistantes à l’infection
par les prions. Les souris qui ont subi l’ablation du gène
PrP et chez qui un gène PrP contenant certaines mutations
a été inséré par transgénèse
ont développé un syndrome neurologique de type tremblante
et ont généré l’agent infectieux dans
leur cerveau. Ces remarquables travaux de transgénèse
et la description structurale de la PrP ont valu en 1997 le prix
Nobel de médecine à Prusiner.
Deux maladies ont particulièrement attiré l’attention
des chercheurs et du grand public ces dernières années.
Il s’agit de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) et de l’encéphalopathie
spongiforme bovine (ESB), ou « maladie de la vache folle ».
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