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Les colosses d'Equateur
L'activité du
volcan Cayambe | La
double crise volcanique du Pichincha et du Tungurahua | La
ville de Quito et le Guagua Pichincha | Scénario
et conduite à tenir | La
ville de Baños et le Tungurahua | La
crise actuelle
et les scénarios possibles | Une
gestion difficile de la crise | Le
suivi quotidien du Cotopaxi | Le
Chimborazo, point culminant d'Equateur | Des
avancées scientifiques significatives
Scénario et conduite à tenir
En raison de l'ouverture du cratère vers
l'ouest, du rempart formé par l'édifice ancien du
Rucu Pichincha et de la position des dômes en amont du Rio
Cristal, la capitale est relativement protégée des
nuées ardentes. Cependant, la dislocation progressive du
dôme de 1660 peut devenir dangereuse. En effet, une explosion
un peu plus forte que celles qui se sont déjà produites
pourrait aboutir à l'ouverture de la cheminée, à
la décompression rapide du stock de magma sous jacent et
entraîner une éruption plinienne du même type
que celle de 1660. En terme de volume de produits émis, une
telle éruption serait au minimum cent fois supérieure
aux explosions qui ont déjà eu lieu, et les conséquences
pour la ville de Quito en proportion. Il faudrait donc s'attendre,
en plus d'une épaisse couche de cendres et de lapillis sur
les quartiers ouest de Quito, à la formation de coulées
boueuses dans les zones les plus basses de la ville. Pour imaginer
les conséquences catastrophiques d'une telle éruption,
il suffit de se rendre compte des effets d'une explosion très
modérée: le 25 novembre 1999, les vents ayant ramené
les produits vers l'Est, 3 mm de cendres sont tombés sur
Quito. Cet événement a occasionné de graves
problèmes: fermeture pour plusieurs jours de l'aéroport
international, des écoles, collèges et lycées,
problèmes de santé publique... Au cours d'une éruption
du type de celle de 1660, la zone de Lloa pourrait être touchée
par des nuées ardentes liées à l'effondrement
gravitaire de la colonne éruptive. Les scientifiques s'attachent
actuellement à définir les signaux précurseurs
d'un événement de ce type.
Il est conseillé à la population de constituer des
stocks de nourriture et d'eau, de piles, de recharges de gaz (cartouches,
bonbonnes) destinées à l'éclairage et à
la cuisine; cela pour environ une quinzaine de jours. De même,
il est primordial de s'équiper de masques anti-poussière
(une quinzaine par personne), de lunettes de protection et de médicaments
de première nécessité (en particulier collyres
et médicaments anti-diarrhéiques), de disposer d'une
radio à transistors pour suivre les avis et directives officiels.
En bref, il s'agira de supporter au mieux le blocage complet de
la ville (pas d'eau, pas d'électricité, voies de communication
impraticables, poussières en suspension dans l'air...), puisque
a priori une évacuation généralisée
n'est pas envisageable.
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