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Les colosses d'Equateur
L'activité du
volcan Cayambe | La
double crise volcanique du Pichincha et du Tungurahua | La
ville de Quito et le Guagua Pichincha | Scénario
et conduite à tenir | La
ville de Baños et le Tungurahua | La
crise actuelle
et les scénarios possibles | Une
gestion difficile de la crise | Le
suivi quotidien du Cotopaxi | Le
Chimborazo, point culminant d'Equateur | Des
avancées scientifiques significatives
Le suivi quotidien du Cotopaxi
Le Cotopaxi (5897 m)
est un des volcans équatoriens qui a connu le plus d'éruptions
historiques. La dernière (plus d'un millier de victimes)
a eu lieu en 1877. Ce volcan est instrumenté et surveillé
par l'Institut de Géophysique de l'EPN (Escuela Politécnica
Nacional) depuis 1976, ce qui permet d'avoir un certain recul vis
à vis d'éventuels changements de son activité
.
Depuis la fin novembre 2001, le Cotopaxi connaît une augmentation
importante de son niveau de séismicité, passée
d'un "bruit de fond" dépassant rarement 20 séismes
par jour à des pointes à plus de 100 à 200
événements quotidiens en janvier 2002. Corrélativement,
un petit panache de vapeur est observé par intermittence
au-dessus du cratère.
Le suivi quotidien de l'activité sismique (en quantité
et en typologie) au cours des derniers mois et son analyse nous
permettent de penser qu'une injection de magma frais de type andésitique
a eu lieu en profondeur sous le volcan, générant la
sismicité observée et le réchauffement de l'édifice.
Cependant, il semblerait que ce magma frais se soit arrêtée
à 8-10 km de profondeur et que, pour l'instant en tout cas,
tout le système se soit stabilisé. En conséquence,
l'IRD et ses partenaires ont renforcé la surveillance de
ce volcan, installant des stations sismiques supplémentaires
et des détecteurs de lahars. Les autorités équatoriennes
et la "Défense Civile" équatorienne ont
été informées du changement de comportement
du volcan et sont tenues au courant de son évolution.
Le Cotopaxi dont les archives historiques sont les mieux connues,
et dont l'histoire volcanique des deux derniers milliers d'années
est assez bien connue vient de dépasser sa période
de récurrence éruptive : 125 ans pour les éruptions
notables. La reprise d'activité interne a amené d'Institut
Géophysique de l'EPN et l'IRD à réactualiser
les deux cartes de menaces relatives à ce volcan. L'aléa
le plus dangereux est l'émission de coulées boueuses
en direction de Latacunga (10 000 habitants) au Sud, et/ou en direction
de Quito vers la Nord. Dans cette direction, une partie du Valle
inter-andin fortement urbanisé est menacée (plus de
20 000 personnes).
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