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La difficile gestion des crises
Des volcans extrêmement
complexes | Sensibiliser
les populations
L'art délicat de gérer une crise
L'art délicat de gérer une crise
Si l'on peut attribuer aux catastrophes de la montagne
Pelée et du Nevado del Ruiz le triste record du plus important
nombre de victimes au cours du XXe siècle, on peut souligner
que ce n'est pas tant l'importance des paroxysmes volcaniques de
1902 et de 1985 que des raisons politiciennes (élections
pour la Martinique, négligence pour la Colombie) qui ont
causé la disparition de respectivement 29 000 et 25 000
personnes. Bon nombre de catastrophes récentes (Chichon,
Unzen, Pinatubo, Rabaul
) montrent la difficulté de
l'exercice, quel que soit le pays, son développement et son
organisation sociale.
Pour éviter les conflits d'interprétation, les scientifiques
doivent confronter en toute sérénité leurs
différentes hypothèses qui résultent de scénarios
préalablement établis, de modèles théoriques,
d'observations passées et des mesures en cours. La crise
récente de la Soufrière de Montserrat (petite île
des Caraïbes sous administration britannique), qui débuta
en juillet 1995, est l'exemple d'une collaboration scientifique
internationale réussie. Ainsi, une charte règle l'accueil
et l'intégration des chercheurs étrangers à
l'équipe du MVO (Montserrat Volcano Observatory), et la diffusion
d'informations vers la presse est soumise à l'accord préalable
du directeur scientifique de l'observatoire. L'ensemble des données,
des rapports quotidiens et hebdomadaires destinés aux scientifiques
et aux autorités gouvernementales est édité,
archivé sur un site "web", puis un bulletin destiné
à la population est publié par le service de presse
du gouvernement de l'île, en relation avec le MVO. Seuls une
telle organisation et des rapports de confiance entre les experts
et les autorités civiles, auxquelles revient la décision
de faire évacuer une zone menacée, sont susceptibles
d'aboutir à la bonne gestion d'une crise. En effet, la diffusion
d'une information compréhensible, où se trouvent associés
les experts et les autorités, relayés par les médias,
peut atténuer les inquiétudes des populations, limiter
la circulation des rumeurs et/ou favoriser une prise de conscience
du danger. Si dans une majorité de cas, les crises éruptives
ont des durées de quelques mois, d'autres édifices
volcaniques, peuvent comme l'Unzen (1990-1995) ou Montserrat, menacer
de façon cyclique les populations environnantes. Habitude,
lassitude, fatalisme risquent d'altérer les messages diffusés
en direction des personnes concernées. L'étude des
réactions sociales face à la menace d'une éruption
est donc un volet qui doit compléter les cartes de risques.
Au regard des autres risques naturels (cyclones, inondations, tremblements
de terre
) les éruptions volcaniques sont les moins
meurtrières, elles peuvent néanmoins dévaster
totalement de vastes étendues, menacer la circulation aérienne,
et perturber le climat à l'occasion de violents paroxysmes
tel que celui du Pinatubo en 1991.
Les intérêts politiques et économiques ne doivent
pas s'opposer aux mesures de prévention et dans tous les
cas, la mise en relation des experts, des autorités civiles,
des médias et de la population concernée est souhaitable
afin de limiter les risques.
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