Les sols sont fragiles
Les recherches de l'IRD et de ses partenaires
La dégradation des sols par salinisation ou alcalisation
La dégradation des sols par salinisation | Gestion et réhabilitation des sols salés | La dégradation des sols par alcalinisation | Le processus d’alcalinisation | Les problèmes rencontrés dans les sols alcalins
Gestion et réhabilitation des sols alcalins | Réhabilitation biologique des sols alcalins, un exemple au Niger
La dégradation des sols par salinisation ou alcalinisation apparaît comme toile de fond à tous les aménagements hydro-agricoles en zone aride ou semi-aride. Ce sont là les types de dégradation les plus fréquentes, et souvent liées à la désertification.
La dégradation des sols par salinisation
La salinisation est l’augmentation de la quantité de sels solubles dans la zone racinaire et qui entraîne par conséquent une baisse des rendements.
Les sources de sel sont variables :
- Le matériau géologique, par le biais de l’altération, peut libérer les éléments nécessaires à la formation des sels solubles (altération de minéraux primaires riches en sodium, de roches volcaniques, des produits de l’hydrothermalisme riches en soufre et en chlore, ou encore dissolution des évaporites, qui sont des accumulations salines anciennes).
- L’eau de mer est, bien entendu, une source principale de sel en milieu côtier. La salinisation peut alors être un phénomène permanent lié aux marées (salinisation marine), ou encore due à la présence de lentilles d’eau sursalées lorsque les zones basses sont isolées de la mer par un colmatage alluvial (salinisation lagunaire – exemple du Lac Rose au Sénégal).
- Une nappe phréatique, d’origine continentale et salée par héritage géologique, peut contaminer le sol par ascension capillaire.
- L’eau d’irrigation, on parle alors de salinisation anthropique. Elle peut être très rapide et se manifester à l'échelle de l'année, de la dizaine d'année (cas du delta intérieur du Niger au Mali) ou de quelques siècles (cas de l'Euphrate et de la Mésopotamie). Ce type de salinisation est la conséquence de pratiques agricoles ou d'aménagements inadaptés. La remontée de la nappe phréatique peut atteindre plusieurs dizaines de mètres comme dans le cas du Kouroumari au Mali (40 m en 20 ou 30 ans). Le risque de salinisation dépend de la charge en sel de l’eau d’irrigation, mais, même si les eaux d’irrigation sont de bonne qualité, très peu chargées en sel, il faut garder en mémoire que ces sels peuvent malgré tout s’accumuler au sein de la zone racinaire à chaque irrigation sous l’influence de l’évaporation.
Il n’existe pas de profil morphologique type de sols salés, car le sel vient en général se surimposer à un profil de sol déjà existant.
Les problèmes rencontrés sont :
- D’ordre osmotique : l’augmentation de la pression osmotique dans la solution du sol empêche la pénétration de l’eau dans la plante, provoque une plasmolyse des cellules, parfois irréversible et qui peut aboutir à la mort du végétal.
- D’ordre de toxicité (chlorure, sodium, bore, etc. s’accumulent dans les feuilles et peuvent provoquer des dommages métaboliques).
- D’ordre microbiologique : la salinisation diminue l’activité microbienne du sol, la nitrification et la production de CO2. Les produits organiques formés changent. On observe une augmentation des composés organiques solubles et une diminution des composés humiques polycondensés.