Une approche centrée sur le rapport acteurs - institutions


L'UR conduit des recherches empiriques sur la question foncière dans les pays du Sud en examinant les rapports entre les comportements stratégiques des acteurs et les changements institutionnels, dans un contexte de pluralisme des règles et des institutions. Le terme d'institution désigne ici l'ensemble des "règles du jeu", formelles ou informelles, des dispositifs qui rendent exécutoires ces règles, des normes morales et des formations cognitives qui les orientent.


Le programme de recherche de l'UR se propose (a) de prendre en compte et d'intégrer les dimensions économique, politique, sociale et identitaire de la question foncière; (b) de rendre compte, dans des contextes empiriques précis, du processus de constitution du foncier comme enjeu stratégique de confrontation, de négociation, de coordination et d'action collective entre des acteurs locaux, individuels ou collectifs, qui, simultanément, sont confrontés à un ensemble hétérogène de règles, d'institutions et de logiques d'action, les instrumentalisent et en produisent de nouvelles. Cette question de recherche intègre la description des effets des politiques publiques dans le domaine foncier sur le plan local et, réciproquement, les processus d'appropriation, de contournement ou de détournement des politiques publiques par les différents acteurs locaux.


Les grandes orientations méthodologiques de l'UR sont les suivantes :

  • La production de modèles interprétatifs issus du terrain : une approche commune intègre les disciplines représentées dans le projet (socio-anthropologie, géographie, économie) autour d'une stratégie de recherche qui privilégie la connaissance "par le bas" des logiques d'acteurs en interaction entre eux et avec leur contexte institutionnel et structurel.
  • Une recherche compréhensive, au sens wébérien du terme : il s'agit d'appréhender les actions des individus dans leur propre perspective, en explicitant leurs objectifs, leurs logiques, leurs motivations, les valeurs auxquels ils se réfèrent pour légitimer leurs actions.
  • Une approche processuelle : il s’agit d’identifier les processus à l’œuvre lors de l’accès à la terre, ainsi que les conditions effectives de la mise en oeuvre et de la sécurisation des droits. Cette approche vise également à fournir des clés d'analyse des situations de conflits qui accompagnent fréquemment le changement institutionnel.
  • Ce choix d'une démarche compréhensive et processuelle nous oriente vers une approche contextualisée à l'échelle locale.
  • La démarche est comparative : le choix des chantiers de recherche porte sur des contextes nationaux, différents mais en nombre limité, qui présentent, en dépit de leurs singularités, un certain nombre de caractères structurants permettant un "comparatisme raisonné". [faire ici lien avec entrée "Les terrains
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