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Equipe « Gestion sociale de l'eau »

 

Membres

Chercheurs IRD

Molle François, politiques et gestion des ressources en eau (Sri Lanka, Thaïlande), francois.molle@ird.fr
Récalt Christine, économie rurale (Equateur), christine.recalt@ird.fr
Ruf Thierry, géographie humaine (Maroc), thierry.ruf@ird.fr

Chercheurs associés

El Faiz Mohamed
Valony Marie-Jeanne, agronome, marie-jeanne.valony@supagro.inra.fr

Doctorants

El Gouch Mohamed, Université de Marrakech
Floch Philippe
Ouhaddou Hamid, Université de Marrakech
Venot Jean-Philippe

Problématique centrale

Comme l’équipe « dynamiques agraires, dynamiques environnementales, l’équipe THERMES s’interesse, aux interrelations entre les systèmes de production agricoles et les systèmes écologiques, et les politiques environnementales, dans le cadre de régions du monde où l’irrigation détermine la production, dépend de l’environnement qu’elle contribue aussi à transformer, et fait l’objet de politiques publiques souvent contradictoires et à des niveaux institutionnels très élevés (ministères de l’irrigation, de l’eau, de l’agriculture, des travaux publics, etc).

Son objectif est l’analyse à différentes échelles de temps et d’espace des interrelations entre pratiques des acteurs (individus privés, communautés d’usagers, organisations gouvernementales), les processus de production agricole liés directement à l’eau et les dynamiques des milieux.

Les enjeux mondiaux sur l’eau sont débattus dans de nombreuses instances internationales et forums, et l’agriculture y est souvent considérée comme un consommateur excessif de ressources en eau. Les débats sur le développement durable touchent aussi les modèles de production intensif. L’agriculture irriguée est aussi une base essentielle pour la sécurité alimentaire mondiale et pour le développement local. La raréfaction des ressources en eau,les questions de santé publique et de dégradation des qualités des eaux font régulièrement l’objet de synthèses mais aussi de polémiques et d’affrontements politiques. L’équipe cherche en travaillant sur les grands systèmes agraires irrigués à comprendre les interrelations entre les grandes réformes du secteur de l’eau, souvent décidées hors de la sphère de la production agricole et les pratiques locales, diverses, complexes et souvent mal connues. Dans ce registre des liens entre politiques globales et impacts locaux, l’équipe essaie aussi de saisir l’influence des pratiques locales sur l’élaboration de politiques publiques, aux différentes échelles.

Ces interrelations sont étudiées par des chercheurs ayant connu un itinéraire scientifique polyvalent, agronome, géographe, économiste, ils fondent leur approche sur des démarches empruntant à plusieurs domaines, y compris l’histoire. Quelques questions communes structurent l’avancement des travaux : comment les sociétés locales pratiquant l’irrigation s’organisent autour des biens mobilisés, les terres, les ressources vivantes et les eaux (à comparer avec les ressources forestières ou pastorales par exemple). Quelle est la nature des institutions appelées à intervenir dans le contrôle, la gestion ou la répartition des eaux. Comment se règlent les conflits d’usage et comment identifier des conditions de concertation entre acteurs dans lesquelles peuvent surgir des reformulations dans l'accès à l'eau.

L’équipe travaille en réseau scientifique avec des équipes constituées dans 3 régions du monde, en Asie, dans le bassin Méditerranéen, en Amérique latine. Elle renforce les connaissances des réseaux, apporte des soutiens méthodologiques, permet des échanges et des comparaisons et s’implique dans des formations pluridisciplinaires.

Questions de recherche et programmes

Une première série de questions touche aux caractères spécifiques des systèmes agraires irrigués. Comment caractériser le développement hydraulique agricole sur le plan géographique, social et économique et environnemental. Les régions irriguées du monde sont soumises à une très forte restructuration institutionnelle et économique marquée par le désengagement de l’Etat, le transfert de la gestion des périmètres irrigués mis en place par les états à des associations d’usagers, la disparition des aides publiques directes et l’ouverture économique des marchés. En même temps, elles connaissent des dynamismes démographiques accélérés et deviennent extrêmement dépendantes des phénomènes d’urbanisation (du fait des marchés induits, des migrations pendulaires, des contrôles politiques qui s'ensuivent et des emprises urbaines sur les zones agricoles). Comment décrire la complexité des dynamiques agraires, repérer les systèmes en construction et les systèmes en régression ?

La deuxième série de questions concerne l’évolution des territoires aménagés par l’irrigation : le maillage territorial structuré par les réseaux d'irrigation connaît des mutations rapides et d'amplitude faites de l’évolution des systèmes de production, de la diversification ou de l’intensification des productions, de recompositions des activités et de pressions accrues sur l’ensemble des ressources naturelles, qui sont à la base du renouvellement des enjeux fonciers et des accès à l’eau. Comment construire des outils de représentation des dynamiques spatiales, notamment par la cartographie assistée par ordinateur ou par les systèmes d’information géographique ? Comment construire une représentation historique et critique du développement de l’irrigation et comment produire des documents utiles aux débats publics, locaux ou globaux sur l’irrigation, l’eau et l’agriculture.

La troisième série de questions aborde les modes de coordination et la médiation des conflits d’usage: l’eau, une ressource commune fortement convoitée, la plupart du temps gérée de manière collective, et la manière avec laquelle est coordonnée son usage révèlent l’état de la société. Trois grands modes de régulation existent et souvent se combinent : administré et centralisé, communautaire et autonome, industriel et privé. Lorsqu’un mode dominant s’avère inefficace, l’émergence de comportements individuels annonce une rupture avec le lien social. La question des innovations dans les institutions et dans les sociétés locales pratiquant l’irrigation est commune et centrale pour l’UR, dans des situations de très fortes pressions sociales sur les ressources disponibles. Comment accompagner ces processus et passer de la recherche académique à la recherche impliquée et à la formation des acteurs engagés dans les médiations ?

 

Intitulé et localisation des programmes

  • La participation sociale dans l'irrigation au Mexique. Efficacité des organisations en période de transition.
  • Résolution des conflits d'usage de l'eau dans les Andes équatoriennes et au Pérou.
  • Etudes comparatives du développement et de la gestion de 9 bassins versants. Synthèse sur le lien eau-société à l'échelle des bassins versants (Sri Lanka, Thaïlande, Ira, Jordanie...).
  • Projet Meda-Isiimm – Innovations sociales et institutionnelles de l’irrigation en Méditerranée .
  • Projet ILGEOT - Innovations locales dans la gestion de l’eau des oasis du Tafilalet (Maroc).
  • Projet FSP Maghreb – AIME (archives de l’irrigation en Méditerranée).
  • Hydro-politique du Nil, Pauvreté hydraulique et gestion sociale de l'eau.

 

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