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Thèmes - Glossaire
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CHAMPS THÉMATIQUES    

 
 top Affectation (à un usage)
Expression d'un projet d'acteur (s) sur un élément physique de l'environnement, l'affectation est un choix, une décision qui consacre une ressource ou un ensemble de ressources à un (des) usage (s) déterminé (s) dans le temps.
Inscrite dans l'espace des contraintes sociales et juridiques en vigueur, dans un corpus légal ou coutumier, l'affectation s'appuie sur le droit explicite ou implicite dont dispose l'allocataire (allocation formellement accordée par un tiers ou allocation de fait).
Concernée par la destination des ressources naturelles, les modes d'usage et de non-usage alternatifs ou concurrentiels et la transformation des ressources naturelles et des écosystèmes, l'affectation est l'arbitrage temporel la relation de l'homme à la nature sur le plan de la reproductibilité et de la durabilité. (Michel Langlois, LER-IRD, Montpellier)

le Dictionnaire Universel Francophone 1997:
- Destination (d'une chose) à un usage. Affectation d'une somme à telle dépense.
- Désignation à un poste, une fonction.
- (Afr. subsah.) Syn. de mutation (sens 2).

le Larousse en 5 vol., 1995:
destiner qqch à un usage particulier (et désigner qqn pour un poste ou une fonction).
Affecter une ressource: utiliser une ressource selon un mode d'exploitation pour une finalité; affecter une terre ou un espace à un usage particulier, à une exploitation déterminée.


 
 top Allocation (à un acteur)
Attribution à l'acteur individuel ou collectif d'un droit sur une ressource ou un espace.
Réalisée par échange sur le marché ou par acte institutionnel, l'allocation effectue un transfert de responsabilité entre les acteurs sur les ressources qui s'inscrit dans le système juridique et coutûmier en vigueur.
Accordant un droit sur un espace ou une ressource circonscrit dans l'espace et le temps, l'allocation notifie les charges, obligations et interdictions qui incombent à son détenteur (ayant-droit) mais n'induit pas nécessairement d'affectation, n'inclut à priori aucune prescription spécifique d'usage.
Souvent “spontanée”, générée de fait par l'affectation, l'allocation est généralement affirmée à posteriori -mais aussi constestée- par son antériorité ou son ancienneté. En milieu rural elle relève plus exceptionnellement d'un système politique de maîtrise et de contrôle intentionnel des ressources du milieu.
Par l'établissement d'une relation d'exclusivité partielle entre des personnes et des objets "communs" par essence, elle est un mode privilégié de répartition des biens, de structuration sociale et assure le fondement de l'activité économique. (Michel Langlois, LER-IRD, Montpellier)

le Dictionnaire Universel Francophone 1997:
- Action d'allouer. Allocation d'un prêt. Allocation de ressources: processus par lequel une économie répartit et met en oeuvre les facteurs productifs au sein des différents secteurs et branches de production.
- Somme allouée par un organisme. Allocations familiales: sommes versées au chef de famille par des caisses alimentées par les cotisations des employeurs et des travailleurs indépendants, destinées à l'éducation des enfants.
-Allocation dynamique: attribution à un programme en cours d'exécution des zones de mémoire qui serviront à l'exécuter.


 
 top Appropriation
Selon le dictionnaire Robert (Paris, 1968, p.79), l' appropriation désigne:
1) didact. Action d'approprier, de rendre propre à un usage (...)
2) droit. Action de s'approprier une chose, d'en faire sa propriété (...)

Pour expliquer comment on est ainsi passé de «l'affectation à un usage» à l'exercice d'un droit de maîtrise exclusif et éventuellement absolu, il est nécessaire de comprendre le contexte dans lequel la racine proprius a pu, en latin, donner naissance à deux sens sans doute proches mais néanmoins différents.

L'étymologie que propose le dictionnaire latin-français Gaffiot fait dériver le verbe appropriare (approprier) de «ad proprius». Le sens premier de proprius est «ce qui appartient en propre, ce qu'on ne partage pas ». Pour passer de cette idée de «l'appropriation» à la propriété privée, il faudra que l'on passe d'une conception «sacrale» des choses, à une conception «mercantile» et que la terre devienne vénale, ce qui est assuré par les progrès de l'individualisme et par l'intensification des échanges monétaires et commerciaux dans la République romaine au IIème siècle AC. (Le Roy E., L'Appropriation de la terre en Afrique, Karthala, 1991).


 
 top Capacité de charge (carrying capacity)
Le terme capacité vient du latin capacitas, de capax «qui peut contenir». En terme maritime, on parle de capacité de charge d'un navire ou d'un port. La flottaison en charge est la limite supérieure de la flottaison quand le navire est chargé au maximum. Dans un domaine totalement différent, "la capacité thoracique vitale : la plus grande quantité d'air que peuvent absorber les poumons) (Le Petit Robert, 1970 : 223).

Le concept de capacité de charge, défini par des écologistes et des pastoralistes, est largement utilisé en gestion des ressources naturelles.
Il désigne traditionnellement "le nombre (maximum ou optimum selon les définitions) d'animaux qu'un territoire donné peut tolérer sans que la ressource végétale ou le sol ne subissent de dégradation" (De Bonneval L., 1993. Systèmes agraires, systèmes de production, vocabulaire français-anglais avec index anglais. INRA, Paris, 285 p.).
Scarnecchia (Scarnecchia D.L., 1990. Concepts of carrying capacity and substitution ratios. A systems viewpoint. J. of Range Management, 43 (6) : 553-555) prend en compte, dans sa définition, la remise en question de ce concept par des pastoralistes américains du Range Management; "le chargement potentiel d'une surface donnée y est fonction des objectifs poursuivis (qui peuvent être multiples) et des systèmes de conduite choisis" (de Bonneval, 1993 : 54).


 
 top Exploitation
-"Action d'exploiter, de faire valoir une chose;
- action de faire fonctionner en vue d'un profit;
- le lieu où se fait la mise en valeur du bien" (Le Petit Robert, 1970 : 661).

Ces trois aspects apparaissent réunis dans une des nombreuses définitions que des économistes ont donné de l'exploitation agricole:
"une unité économique dans laquelle l'agriculteur pratique un système de production en vue d'augmenter un profit...Le système de production agricole est la combinaison des productions et des facteurs de production (capital foncier, travail et capital d'exploitation) dans l'exploitation agricole" (Chombart de Lauwe J., Poitevin J., Tirel J.C., 1963. Nouvelle gestion des exploitations agricoles. Dunod, Paris, 509 p.).

Les termes d'"exploitation" ou "système d'exploitation" sont parfois utilisés pour désigner autre chose que l'exploitation agricole et le système de production. On parle d'exploitation intensive ou extensive, d'exploitation de ressources naturelles. En économie de la pêche, Rey et al. (1997) définissent un système d'exploitation et une unité d'exploitation halieutiques (Rey H., Catanzano J., Mesnil B., Biais G., 1997. Système halieutique. Un regard différent sur les pêches. Institut océanographique/IFREMER, Paris, Collection "Propos", 278 p.).


 
 top Gestion
- "Action de gérer (les affaires d'un autre, et par extension ses propres affaires)";
- "science de l'administration, de la direction d'une organisation et de ses différentes fonctions; économie d'entreprise" (Le Nouveau Petit Robert, 1993 : 1017).

Par extension, le terme de gestion est appliqué à un très large éventail d'objets dont la maîtrise est variable et en tout cas différente de celle d'une entreprise : gestion des ressources (naturelles, humaines), de l'écosystème, du milieu naturel, de l'espace aérien etc.

L'INRA-SAD a défini 5 niveaux d'organisation : la parcelle, l'exploitation, le terroir, la petite région et la région comme des "unités de gestion ou de mise en valeur qui sont également des niveaux spatiaux d'analyse et de conceptualisation de l'activité agricole" (De Bonneval, 1993).


 
 top Prélèvement
"L'action de prélever, la quantité qu'on prélève" (Le Nouveau Petit Robert, 1993 : 1761); le fait d'ôter une partie d'un ensemble, d'un total.


 
 top Pression
Nous dégageons des définitions du mot pression deux sens:
- "force qui agit sur une surface donnée; mesure de la force qui agit par unité de surface" ;
- "influence, action insistante qui tend à contraindre" (Le Petit Robert, 1970 : 1385).

Lorsque l'on parle de pression sur les ressources, on sous-entend pression de prélèvement ou d'exploitation, en insistant sur son intensité mais sans présager de la forme de cette exploitation. C'est avec le même sens que sont employés les termes de pression démographique ou pression parasitaire.


 
 top Rareté
«Une idée majeure préside à la naissance du problème économique: celle de limitation ou mieux encore d'inadaptation. L'homme porte en soi un besoin d'infini, et il butte constamment sur le fini de la création. Cette antithèse se traduit d'abord dans l'idée de rareté. Les besoins apparaissent comme innombrables, et les moyens pour les satisfaire sont limités. Il peut arriver aussi que les moyens soient suffisants, parfois même trop nombreux. Alors une autre notion intervient, celle d'inadaptation. Les biens ne sont pas forcément là où il en est besoin, ni quand il en est besoin. Il faut les produire s'ils sont insuffisants, les réduire s'ils sont trop abondants. Il est nécessaire aussi d'en accélérer ou d'en retarder l'arrivée. L'acte économique apparaît alors comme l'acte d'adaptation par excellence.» ("Economique (Science)", Corpus, Enclyclopedia Universalis, Paris, 2ème éd. 1996, p. 891)


 
 top Ruralité
«La ruralité traduit un rapport particulier de l'homme au temps et à l'espace, celui d'une relation de dépendance réciproque entre l'homme et la nature (environnement, ressources, composantes physiques et biologiques etc...). Comme expression d'un genre de vie "à la campagne", l'activité rurale se fonde sur la disponibilité, l'usage et la transformation des ressources et à ce titre est soumise, partiellement au moins, aux conditions et contraintes d'ordre climatique, édaphique et spatial du milieu naturel.
Inscrite dans l'histoire selon le degré de dépendance homme-nature, la ruralité commence alors par l'adaptation de la nature aux besoins humains et disparaît avec la domestication complète de la nature.» (Michel Langlois, LER-IRD, Montpellier)

« L'espace rural se définit comme un mode particulier d'utilisation de l'espace et de vie sociale. Il est ainsi caractérisé par: a) une densité relativement faible des habitants et des constructions, faisant apparaître une prépondérance des paysages à couverture végétale; b) un usage économique à dominance agro-sylvo-pastoral; c) un mode de vie de ses habitants caractérisé par leur appartenance à des collectivités de taille limitée et par leur rapport particulier à l'espace; d) une identité et une représentation spécifiques, fortement connotées par la culture paysanne.» (Bernard Kayser,  La renaissance rurale. Sociologie des campagnes du monde occidental).

«En matière de patrimoine rural, plusieurs champs d'action peuvent être envisagés comme autant de ressources pouvant faire l'objet d'un développement intégré, porteur d'avenir, et respectueux des valeurs héritées :
- les ressources naturelles elles-mêmes, vues comme un capital dont nous ne sommes que les fiduciaires : les terres en culture, les eaux, la qualité de l'air, les forêts avec leurs flores et leurs faunes, les paysages naturels, etc. ;
- le patrimoine génétique soit végétal, soit animal dont la préservation active est essentielle au maintien de la bio-diversité ;
- les ressources culturelles : soit d'ordre intangible, comme les savoirs, les savoir-faire, les traditions orales, culinaires, médicinales et autres ; soit de nature tangible, comme les ressources archéologiques, les paysages aménagés, les architectures domestiques, civiles ou religieuses, les aménagements, les structures, les ouvrages civils, etc. ;
- les productions artisanales ou industrielles, les biens et les services directement issus de ou associés aux espaces ruraux, en autant qu'ils mettent en valeur les ressources d'une façon respectueuse, durable et pérenne.
De surcroît, les ruraux sont les héritiers d'une culture fondée sur un rapport au temps et à l'espace différent qu'ils doivent sauvegarder, chérir et développer et dont l'ensemble de la société doit être respectueuse. Aussi, le monde rural a une économie qui inclut la production propre de biens et de services qui fonde son développement. Les ruraux, leurs communautés et l'ensemble des acteurs socioéconomiques ont le devoir de protéger et de développer l'ensemble des patrimoines du monde rural. » (Solidarité rurale du Québec, Déclaration sur le patrimoine, Rimouski, février 1998; http://www.solidarite-rurale.qc.ca/cor_outi.html)


 
 top Représentation
- «Ce qui est présent à l'esprit; ce que l'on "se représente"; ce qui forme le contenu concret d'un acte de pensée». "Les deux mots représentation et chose, d'abord distingués, viennent se confondre en un troisième: phénomène" (Renouvier, Essais de Critique générale, I, 10).

- Acte de se représenter quelque chose; faculté de penser une matière concrète en l'organisant sous des catégories. L'ensemble de ce que l'on se représente ainsi.» (Lalande A., Vocabulaire technique et critique de la philosophie. PUF, 1926, rééd. 1985, p. 921)


 
 top Ressources naturelles
«En toute rigueur, on ne devrait utiliser cette expression que pour désigner la "productivité" d'un lieu, ou biotope, par le seul jeu des facteurs naturels et au premier chef l'activité des biocénoses animales et végétales qui le peuplent et composent l'écosystème.
Autrement dit, il faudrait concevoir de telles ressources comme "dégagées par le rendement" d'un écosystème et non comme un capital biologique exploitable [Š]. Il est clair que les disponibilités que l'on peut recueillir ne doivent en aucun cas altérer le caractère renouvelable de la biocénose que l'on veut exploiter ou sauvegarder.» ("Ressources naturelles", Thésaurus, Enclyclopedia Universalis, Paris, 2ème éd. 1996, p. 3112).

« Le capital naturel est le stock qui produit le flux de ressources naturelles : la population de poissons dans l'océan qui régènère le flux de pêche allant sur le marché; la forêt sur pied qui régénère le flux d'arbres coupés; les réserves de pétrole dans le sol dont l'exploitation fournit le flux de pétrole à la pompe ». Daly (1994, p 30)

« En sciences de l'environnement, «ensemble des produits naturels, des écosystèmes, des éléments abiotiques qui composent la Terre, ainsi que les diverses formes d'énergie naturelles» (Parent S., 1991).


 
 top Usage
- "Le fait de faire agir un objet, une matière, pour obtenir un effet qui satisfasse un besoin, que cet objet, cette matière subsiste (utilisation), disparaisse (consommation) ou se modifie (usure)";
- "le fait de pouvoir produire un effet particulier et voulu": fonction, utilité, service;
- "pratique que l'ancienneté ou la fréquence rend normale, courante, dans une société donnée" : droits d'usage, usages locaux, valeur d'usage (Le Petit Robert, 1970 : 1864-1865).


 
 top Valeur (s)
- «Au sens traditionnel du mot, la "valeur" d'une chose désigne tout simplement son prix; et la théorie de la valeur était justement la théorie de ce qu'on appelait l'"économie politique"».
- «On peut appeler "valeur" tout ce qui fait l'objet soit d'une attitude d'adhésion ou de refus, soit d'un jugement critique. [Š] Si certains philosophes regardent les objets provoquant de telles attitudes comme étant eux-mêmes des valeurs, d'autres diraient plutôt que ces objets en viennent à prendre une valeur donnée qui leur est en fait attribuée par l'attitude en question.

Beaucoup d'auteurs pourtant n'emploient le terme "valeur" que dans des sens bien plus restreints [Š] et marquent une distinction assez nette entre ce qu'ils acceptent d'appeler "jugements de valeur" -[Š] ce qui est bon ou mauvais- et ce qu'ils nomment "jugements d'obligation" -[Š] ce qui est juste, permis ou obligatoire. » ("Valeurs (philosophie)", Corpus, Enclyclopedia Universalis, Paris, 2ème éd. 1996, p. 295)


 
 top Viabilité
- "Etat d'un foetus viable (dont le développement dans l'utérus est suffisant pour le rendre apte à vivre par lui-même)",
- "caractère de ce qui est viable, peut vivre, se développer. Viabilité d'une entreprise, d'un projet" (Le Nouveau Petit Robert, 1993 : 2383).

Le terme de viabilité est souvent utilisé comme traduction du terme anglais "sustainability" qui a les deux sens de pérennité et reproductibilité.

Aubin (1996) est l'auteur d'une théorie sur la viabilité qui rend compte de la compatibilité entre l'évolution d'un système et des contraintes portant sur son état (Aubin J.P., 1996. Une métaphore mathématique du principe de précaution. Natures, Sciences, Sociétés, Vol. 4, 2 : 146-154). Cette théorie mathématique a été motivée par la présence de traits communs à nombre de systèmes biologiques, économiques, sociaux et culturels, des systèmes formés d'êtres vivants.


top Références
Hervé D., Langlois M. (eds) 1998
Pression sur les Ressources et Raretés. Document ORSTOM Montpellier n°6, atelier LEA-HEA du 10 juin 1997, 120 p.


top Montpellier, 12/99